Le coaching professionnel : Pour qui ? Pour quoi ? Pourquoi ? Comment ?

Un accompagnement dans le cadre de l’entreprise

Traditionnellement, la relation d’aide implique un accompagnement sous la forme d’un tête-à-tête. Le coaching professionnel est particulier car il implique l’engagement de trois protagonistes : l’entreprise appelée « prescripteur », le salarié dit « coaché » et le coach. La Société Française de Coaching définit le coaching dit professionnel de la façon suivante : « Le coaching professionnel est l’accompagnement de personnes ou d’équipes pour le développement de leurs potentiels et de leurs savoir-faire dans le cadre d’objectifs professionnels »… Nous sommes donc dans le cadre de l’entreprise et c’est très généralement elle qui est à l’origine d’une telle démarche. Il est alors impératif que le coaché adhère à cette initiative. Il est essentiel que la personne à qui l’on propose un coaching y voie un intérêt, une opportunité. C’est seulement dans ce cadre qu’elle se rendra actrice de la démarche.

Ainsi les entreprises initient et financent de plus en plus des coachings. Elles y ont recours lorsqu’elles constatent que des salariés, principalement des cadres supérieurs et des cadres dirigeants rencontrent des difficultés.

Un processus de changement

Ce besoin d’accompagnement ne date pas d’hier. Au Ve siècle avant Jésus-Christ, Socrate prônait : « Connais-toi toi-même ». A travers cette injonction, c’est tout le processus de changement et d’autonomie que l’on retrouve dans le coaching aujourd’hui. Avec notamment le questionnement, il permettait à ses interlocuteurs de prendre conscience de leurs potentialités, d’atteindre le savoir qu’ils possédaient en eux et d’avoir Conscience. Et c’est ce que pratique le coach au quotidien. Il questionne, reformule, analyse afin de faire prendre conscience au coaché de ses capacités à être plus performant.

Le coaching apparaît alors comme une solution pour dépasser une situation difficile. Il devient un besoin dans un environnement de plus en plus concurrentiel. Le recours à cette pratique s’observe dans les problématiques liées à la confiance en soi, la performance, le management, la stratégie commerciale, la gestion de situation de crise… En bref, la perte de repères est le facteur principal de recours à ce type d’accompagnement.

 

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Le contrat dans le cadre d’un coaching professionnel

Le contrat est donc tripartite. Il est écrit, fixe l’objectif, préalablement clarifié, la durée, le tarif, la déontologie du coaching et lie le coach au secret professionnel. Il est au service des intérêts de son coaché et cela suppose une relation de forte confiance… Celle-ci est essentielle dans le processus. Cette règle contribue, pour partie, à la mise en place d’une relation authentique, bienveillante et neutre entre le coaché et le coach. Un tel espace d’accompagnement et d’empathie permet de délier la parole et faire un travail sur le chemin du changement et de l’autonomie. Vincent LENHARDT parle de « contrat secret »1. C’est « l’alliance des princes »2 qui est la condition du changement. La relation de confiance qui s’installe entre le coach et le coaché permet aux deux protagonistes de donner le meilleur d’eux-mêmes. Le coaché pourra restituer ce qu’il souhaite à son employeur. Le coach ne peut communiquer auprès du prescripteur que sur le contenant (les horaires, la présence…).

La demande

Il est essentiel également de bien cerner la demande, notamment, pour savoir s’il s’agit véritablement d’un coaching ou d’une demande de formation, d’une thérapie, d’un out-placement. Si ce n’est pas le cas, il incombe, selon moi, au coach de refuser la mission qui lui est confiée. Il peut se trouver face à une demande de coaching qui, en réalité, cache une demande de out-placement. Certaines entreprises n’hésitent pas à financer des séances de coaching alors même que la décision de se séparer du salarié, futur coaché, est déjà prise ! Si le coach a bien cerné la demande et qu’il l’accepte en connaissance de cause, il se rend, à mon sens, complice de cette démarche quelque peu « cavalière ». On touche ici à l’éthique et à la déontologie du coach.

Certes il est face à une dualité : faire vivre son activité ou respecter une déontologie.

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Le coaching : une obligation de moyens et non de résultats

Toutefois, rappelons que le coach a une obligation de moyens et non de résultats ! Il doit garder à l’esprit que le client est l’entreprise mais le coaché est la priorité. L’objectif d’un coaching n’est-il pas de faire en sorte que le sujet aille mieux dans son quotidien en dépassant ou en surmontant une difficulté ? Le coach est garant du cadre. Il est responsable de la bonne exécution du contrat. Mais le contenu, c’est le travail du coaché. Et c’est sur ce point, que l’on va alors parler de « contrat secret ». En effet, le coach qui a fait un travail personnel est capable d’appréhender ce qui ressort de l’histoire personnelle du coaché. En ayant à l’esprit le ou les objectifs initialement fixé(s) dans le contrat tripartite, le coach aura besoin de comprendre des éléments de l’histoire du coaché pour l’aider à dépasser ou surmonter un cap professionnel difficile. Sans aller trop profondément dans l’intimité comme le ferait un thérapeute, le coach a cette permission. Il ne fait pas de scission entre la vie privée et la vie professionnelle. Bien au contraire, les deux sphères sont liées.

De par son approche, le coach va donner une vision nouvelle, du sens à une situation vécue par le coaché dans sa vie privée, et qui raisonne dans sa vie professionnelle. Ainsi le coaching fait le va et vient entre la vie privée et la vie professionnelle du sujet. Nous sommes dans un processus de changement et il est indispensable que ce changement s’opère dans la durée… Vie privée et vie professionnelle sont indissociables. C’est ce qu’on nomme le coaching clinique. Et c’est ce que je pratique !

Conclusion

Finalement, ce qui est essentiel est que le coaché trouve un meilleur équilibre dans son entreprise, qu’il se sente mieux. Certes c’est l’entreprise qui finance le coaching et il est impératif de garder à l’esprit les objectifs fixés en amont. Mais elle y gagne si le celui-ci est plus à l’aise dans ses interactions avec son environnement et ce, même si l’objectif initial n’a pas été atteint. N’oublions pas que le coaching s’inscrit dans une dimension psychologique et n’a pas pour objet d’utiliser le coaché à des fins entrepreneuriales stratégiques. Il s’agit véritablement d’un moyen de donner du sens à des pratiques professionnelles en intégrant la singularité de chaque individu.

1 Vincent LENHARDT, Laurent BURATTI – « Le coaching » 2nd ED.
2 Vincent LENHARDT, Laurent BURATTI – « Le coaching » 2nd ED.

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